Une chercheuse irlandaise en littératie physique donne aux filles les moyens de bouger grâce à un programme de sport gaélique

La chercheuse Orlagh Farmer a profité de la dernière Conférence internationale de la littératie physique (CILP) à Winnipeg pour partager le succès du programme Gaelic 4 Girls. Cette initiative sportive irlandaise révolutionnaire, conçue sur mesure pour les jeunes participantes, fait sensation dans le monde entier. Un créneau qui, selon elle, valait absolument la peine d’être exploré.

C’est alors qu’elle travaillait auprès de 36 clubs à travers l’Irlande que la chercheuse a commencé à accumuler des données probantes pour soutenir et améliorer le travail déjà accompli sur le terrain.

« Le programme G4G cible spécifiquement les filles de 8 à 12 ans qui ne pratiquent pas le football, ou qui ne sont pas inscrites dans un club de football gaélique féminin. Ce programme d’introduction, qui se déroule chaque année pendant 12 semaines dans plus de 40 clubs en Irlande, existe depuis 2008 », a déclaré Farmer à Le sport c’est pour la vie.

« Il est intéressant de noter que le football gaélique féminin est reconnu comme l’un des sports féminins connaissant actuellement la croissance la plus rapide en Europe », a-t-elle ajouté.

Peu de Nord-Américains le savent, mais les sports gaéliques font partie des passe-temps les plus populaires en Irlande. Ils comprennent deux sports principaux, le football et le hurling, et ils sont axés sur les habiletés motrices fondamentales nécessaires pour bien jouer. Ils mettent aussi beaucoup l’accent sur le plaisir, car ils visent à retenir le plus de participants possible. Plus de 400 athlètes ont participé à l’étude menée par Farmer en 2017 et en 2018.

« Compte tenu de la croissance que connaît le football gaélique féminin en Irlande et dans le monde, mener des recherches fondées sur des données probantes relativement au sport communautaire chez les jeunes est essentiel. D’autant plus que la recherche a montré que les filles sont moins actives physiquement que les garçons dans le monde, et qu’elles risquent davantage de décrocher du sport que les garçons », a-t-elle déclaré.

Récemment, Orlagh Farmer a entrepris un programme de recherche étalé sur 10 semaines pour examiner l’incidence du programme et pour mettre en place des stratégies en vue de l’améliorer. Ce programme s’inscrit dans le cadre de ses recherches doctorales, au département d’études sportives et d’éducation physique de la University College de Cork. Jusqu’à présent, ses observations ont été encourageantes, et elle les a partagées aux autres délégués présents lors de la CILP.

« Non seulement nous avons constaté des améliorations importantes quant à l’activité physique et aux habiletés motrices fondamentales, mais nous avons aussi observé des améliorations dans le domaine psychosocial (sentiment d’efficacité personnelle, perception de la confiance en soi et soutien familial/social). Les résultats positifs obtenus du programme G4G peuvent servir à guider le développement continu des démarches entreprises dans le cadre de ce programme à l’échelle nationale. Ils peuvent de même être utiles aux futures approches fondées sur la théorie, qui ciblent la promotion de l’activité physique chez les filles préadolescentes.

« En tentant d’augmenter les niveaux d’activité physique et d’habiletés motrices des filles au moyen d’environnements d’apprentissage amusants, non compétitifs et autonomes, et en fournissant un soutien social aux joueuses, les entraîneurs, les parents et les tuteurs, peuvent agir en synergie et offrir du contenu complémentaire et de l’expertise pédagogique. Ils peuvent de plus favoriser la confiance participative chez les entraîneurs et les jeunes enfants dans des contextes sportifs communautaires », a-t-elle déclaré

L’un des éléments du programme G4G dont Mme Farmer est particulièrement fière est l’intégration de la danse. Elle a constaté que les filles réagissaient positivement, particulièrement lorsqu’elle leur faisait jouer la musique d’Ed Sheeran.

« La danse dans le programme G4G est un élément novateur de notre recherche, et elle constitue un moyen efficace d’accroître l’activité physique et les habiletés motrices fondamentales des filles. « Nous avons pu mettre la théorie de l’autodétermination en pratique en favorisant la motivation intrinsèque et en renforçant la perception de l’autonomie, de la compétence et le sentiment d’appartenance des filles.

« La réaction des délégués à la CILP a été extrêmement positive », s’est réjouie Mme Farmer, qui a également précisé avoir été inspirée par les conférenciers. Elle est convaincue de pouvoir intégrer certaines des choses qu’elle a apprises dans son travail en Irlande.

« Lors de la conférence, j’ai été particulièrement intéressée par les propos qu’ont tenus les docteurs Dean Dudley et Dean Kriellaars quant aux concepts relatifs au mouvement significatif, au sentiment d’appartenance, à l’interaction sociale, au plaisir, à l’amitié et au fait d’offrir des niveaux de défi satisfaisants. Ces concepts peuvent être utilisés auprès des jeunes enfants et rejoignent tout à fait ceux du programme G4G. »

Mme Farmer continue de faire de la compétition à l’échelle nationale et, pendant la CILP, elle a dû retourner en Irlande pour participer à une finale de ligue de football gaélique féminine. Son dévouement n’est pas passé inaperçu et a d’ailleurs attiré l’attention de Richard Way, directeur général de Le sport c’est pour la vie. Il a applaudi son engagement à l’égard de la littératie physique de même que sa contribution à la recherche, laquelle pourrait s’avérer fort profitable aux athlètes féminines du monde entier.

« Chez Le sport c’est pour la vie, l’inclusion est une valeur non négociable, et des programmes comme Gaelic 4 Girls nous donnent un exemple éloquent de la façon dont les programmes sportifs pourraient être réalisés ici au Canada et partout dans le monde », a déclaré Richard Way.

« Au cours de notre conférence à Winnipeg, nous avons eu la chance de rencontrer Mme Orlagh et de l’écouter raconter sa passion pour le mouvement. Nous avons été touchés par sa volonté de veiller à ce que les filles d’Irlande aient l’occasion d’être actives et d’avoir du plaisir. Nous ne pourrions être plus reconnaissants de sa contribution à la discussion. »

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