Le mentorat olympique, un accompagnement qui va bien au-delà des résultats sportifs

Ram Nayyar, dans son enfance, a été victime d’intimidation. Le harcèlement qu’il a vécu a eu pour effet de le pousser à se demander qui il était vraiment. Auteur et entraîneur d’équipes olympiques de badminton à deux reprises, il a été victime d’intimidation tôt dans sa jeunesse en raison de ses longs cheveux tressés qui le faisait, semble-t-il, ressembler à une fille. Alors qu’il souffrait en silence, il en est venu à se poser des questions difficiles sur ce qu’il attendait exactement de la vie.

« Je me suis demandé ce que je voulais; pourquoi je le voulais; et ce que je ferais pour y arriver. Au début, j’avais de la difficulté à comprendre ce que je voulais vraiment : était-ce l’enfant intimidé en moi qui voulait en fait être aimé et accepté? Est-ce que j’avais décidé de devenir entraîneur pour que les gens m’aiment? Est-ce que j’étais à la bonne place? Pour la bonne raison? Et puis il y avait aussi la question à 50 millions de dollars : que ferais-je si j’avais tout cet argent et que j’avais la possibilité de faire tout ce que je veux? Je me suis posé la question... et j’y ai répondu. Je continuerais d’entraîner », a-t-il confié à la suite d’une excellente présentation sur le mentorat olympique au Sommet canadien de Le sport c’est pour la vie 2020. C’est cette ligne de pensée qui l’a amené à faire carrière comme entraîneur.

Il y a une dizaine d’années, Ram a atteint le point culminant de sa carrière d’entraîneur en devenant entraîneur-chef de l’équipe canadienne de badminton aux Jeux olympiques de 2012. En tant que fondateur de l’entreprise Fearlessness Consulting, il s’est rendu dans plus de 90 pays pour entraîner certaines des meilleures équipes au monde, et pour partager sa vision particulièrement complète de la façon dont le mentorat devrait être appliqué. Pour reprendre les paroles d’un intervenant : « Ram est un entraîneur, et ce qu’il enseigne, c’est la vie. »

Ram croit que la raison pour laquelle nous faisons du sport au Canada est que, s’il est dirigé adéquatement, cela nous permet aussi de développer des compétences sociales. Mais si le sport est mal conçu, un champion restera toujours un champion, mais comme l’ont vécu un grand nombre d’athlètes de haut niveau, il sera aussi dysfonctionnel. Il ajoute que si le sport n’est pas dirigé correctement, une personne obsédée et obnubilée par son succès peut en arriver à se sentir impuissante face à son cheminement dans les autres sphères de sa vie.

« En tant qu’entraîneur, je peux vous garantir qu’il est possible de se fixer des objectifs, de les atteindre et d’être heureux. En fin de compte, un être humain pleinement développé, dans toutes les facettes de sa vie, est un être humain heureux. Et un être humain heureux est un être humain qui se fixe des objectifs », a-t-il ajouté.

C’est pourquoi Ram Nayyar voyage dans le monde entier pour partager sa façon de voir les choses, et ce, même si bon nombre des personnes à qui il parle ne joueront jamais au badminton, ou n’exerceront jamais de mentorat auprès d’un athlète olympique. Les concepts qu’il véhicule et la voie qu’il encourage les gens à suivre sont pratiquement universels. Pendant le Sommet, il a été abordé par des auditeurs de domaines complètement différents du sien, chacun d’eux abordant le sujet sous un angle différent.

« Quand on regarde ça de l’extérieur, chacun de nous dans son coin qui entraîne des athlètes hyperperformants éprouverons les mêmes difficultés, mais de façons différentes et à des étapes différentes. C’est pourquoi il faut d’abord entrer en relation avec soi-même, puis établir une relation avec les autres et ensuite une relation avec le monde. Il sera difficile d’intégrer les compétences que nous apprenons, si nous n’apprenons pas d’abord à réfléchir à ces aspects et à les gérer », s’est-il exprimé.

Richard Way, directeur général de Le sport c’est pour la vie, a été ravi d’accueillir une fois de plus Ram Nayyar au Sommet comme co-maître de cérémonie, et il a adoré la façon dont son message portant sur la façon de considérer l’athlète comme un tout a trouvé écho auprès des délégués. En tant qu’ambassadeur du modèle du développement à long terme par le sport et l’activité physique, il croit que le fait de se concentrer sur les processus de développement des athlètes plutôt que sur les résultats des compétitions aura un effet positif sur les personnes qui sont entraînées.

« Nous sommes très heureux que Ram, avec son expérience d’entraîneur auprès d’athlètes de haut niveau, soit président de l’organisme de bienfaisance Littératie physique pour la vie et membre du conseil d’administration de Le sport c’est pour la vie. Il apporte une réflexion sereine qui permet d’alimenter les discussions du Conseil de façon lucide et perspicace. Son vécu en tant que victime de racisme et son expérience comme entraîneur d’athlètes olympiques lui ont fait emprunter un parcours unique, un parcours qui nous aide et nous guide », a ajouté Richard Way.

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