La ville de Kimberley encourage le développement de la littératie physique

Shenoa Runge with her son

La petite ville de Kimberley, située au cœur des montagnes en Colombie-Britannique, est connue pour sa nature sauvage, ses stations de ski et son équipe de hockey locale. Véritable carrefour culturel de la région des Kootenays, elle abrite une communauté très soudée et profondément fière de sa région. Mais en raison de sa taille et de son emplacement, la ville a également un accès limité aux programmes et aux ressources en santé. En 2014, la ville a donc lancé un organisme sans but lucratif appelé Healthy Kimberley dont l’objectif visait à faire en sorte que le choix santé soit le choix facile.

« Nos deux principaux piliers à l’époque étaient la vie active et la saine alimentation. Nous étions un jeune organisme qui souhaitait aider nos citoyens à avoir plus facilement accès à des choix de vie sains », a déclaré Shenoa Runge, qui, après avoir donné naissance à son premier enfant, s’est impliquée au point d’exercer un rôle de premier plan dans le projet.

« Nous étions devenus un pivot en matière de saines habitudes de vie grâce à la promotion que nous en faisions et au travail que nous accomplissions pour combler certaines des lacunes dans notre communauté. »

C’est à cette période que la nouvelle maman a pris connaissance de l’un des projets de Le sport c’est pour la vie soutenue par la Colombie-Britannique, Littératie physique pour les communautés – Colombie-Britannique (PL4C-BC), lequel cherchait des milieux potentiels. En tant que physiologue et kinésiologue clinique de l’exercice, elle avait déjà une certaine compréhension de ce qu’était la littératie physique et de son incidence potentielle sur la santé. Ayant travaillé avec une vaste clientèle, composée autant de jeunes athlètes que de personnes âgées, elle s’inquiétait de l’absence de mouvements dans la vie d’une personne et des effets négatifs susceptibles d’en découler. Elle a donc soumis la candidature de la ville de Kimberley, et fut ravie d’apprendre qu’elle avait été sélectionnée pour la phase de 2018.

« Au début, c’était plus difficile que je ne l’avais prévu, parce que nous commencions à peine à prendre conscience de tout le processus que sous-tend le développement de la littératie physique. Moi et peut-être quelques enseignants avions une idée de ce qu’était la littératie physique, mais très peu de gens et d’organismes en avaient entendu parler. Et même s’ils en avaient entendu parler, peu en saisissaient toute l’importance, ou encore ne savaient pas comment l’intégrer dans les environnements et les programmes », a-t-elle expliqué.

Ils se sont fixé comme objectif de créer un groupe de travail composé d’ambassadeurs intersectoriels appelé PLAY Kimberley, une tâche qui leur a pris près de deux ans. Ils ont rapidement reçu le soutien du responsable des parcs et des loisirs, du directeur des sports nautiques, des infirmières de la santé publique et des intervenants du milieu de la petite enfance. Et ensuite, est venu celui de la mairie. Ils ont réussi à se faire connaître dans les écoles, puis l’Interior Health Authority de Colombie-Britannique s’est montrée intéressée.

« Ce que nous avons appris, c’est qu’il y a déjà beaucoup de collaboration et de liens intersectoriels au sein même de notre communauté, car certains milieux se rejoignent. Par exemple, vous rencontrez une enseignante de première année, puis vous apprenez qu’elle fait aussi partie du conseil d’administration du baseball mineur. Ils sont nombreux les gens à avoir plusieurs casquettes, et ont les reconnaît facilement, mais le défi consistait à rendre leur participation possible sans leur ajouter du travail supplémentaire », a-t-elle exprimé.

PLAY Kimberley a reçu un réel coup de pouce lors de la visite du professeur Dean Kriellaars, un chef de file mondial en matière de développement de la littératie physique. Cela leur a donné l’occasion d’inviter plus de gens à venir s’informer sur la littératie physique et sur ses répercussions. Cette expérience a renforcé l’adhésion des personnes impliquées et en a également attiré de nouvelles. Shenoa Runge jouait alors un rôle d’intermédiaire entre les secteurs, alors qu’on orientait la réflexion sur la meilleure façon d’aller de l’avant. De nombreux parents ont démontré leur intérêt à en apprendre davantage sur les bienfaits du jeu aventureux. D’ailleurs, un petit groupe de parents bénévoles et dynamiques ont mis l’épaule à la roue en créant le projet Kimberley Adventure Park. Une autre idée à l’étude concernait un centre d’équipement communautaire qui offrirait aux citoyens un accès à de l’équipement de sport et de loisirs.

« J’ai l’impression que Kimberley est une ville qui fait du bon travail… mais auprès de gens déjà convaincus. Nous disposons de centaines de kilomètres de sentiers pour le vélo, la course, le ski de fond et la randonnée. La station de ski locale n’est qu’à quelques minutes du centre-ville, et nous avons des organismes locaux solides qui font la promotion de toutes ces activités. Mais si vous n’aimez pas les activités extérieures, ou si vous n’avez pas les connaissances ou le bon équipement, les possibilités s’amenuisent. Nous voulions que tous les membres de la communauté se sentent inclus dans les occasions offertes, ainsi que dans le modèle communautaire », a-t-elle ajouté.

« J’aimerais que nos aînés sentent qu’ils peuvent sortir de chez eux toute l’année, et que l’hiver ne devienne pas une période synonyme de restrictions quant à leur engagement envers la communauté et à leur bien-être physique. Je voudrais que les familles soient davantage en mesure de participer aux activités incroyables que nous avons à offrir. Sauf qu’une participation très rapide peut s’avérer trop coûteuse, ou encore exiger un niveau de participation qui n’intéresse pas tout le monde. »

Maintenant que son engagement de deux ans avec PL4C-BC a pris fin, PLAY Kimberley continue de lancer de nouvelles initiatives et de les promouvoir sur les réseaux sociaux. Des projets prennent forme pour promouvoir le bien-être et l’activité physique autrement que par les activités traditionnellement liées au hockey et à la vie en montagne. Le travail est parfois lent et graduel, mais notre visée s’inscrit dans le long terme

.« Notre communauté a-t-elle radicalement changé? Pas encore. Mais maintenant, nous avons des gens qui conçoivent les espaces et les programmes en fonction de la littératie physique. Cette occasion a suscité des discussions et a aidé les gens à comprendre qu’il s’agit d’une priorité. »

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