Le tremplin de le participation active : en mouvement continuel et progression et stimulation

Ce contenu a été initialement publié dans Communautés autochtones : Vie active. Cet outil vise à aider les enfants et les jeunes autochtones de notre pays à vivre une vie longue, bien remplie, heureuse et en santé. Il est inspiré par les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, et sert d’outil de compréhension en qui a trait aux droits fondamentaux des Autochtones — le droit à la santé, à l’éducation, à la culture, et le droit de jouer. 

Écrit à la première personne, le lecteur suit les histoires de Taylor, un leader sportif autochtone fictif. Tous les personnages sont fictifs, mais représentent les témoignages que nous avons recueillis à travers le pays pour le développement de cet outil.

L'inclusion

Lorsque je dirige des programmes et activités, je trouve que je travaille souvent auprès de jeunes et d’adultes qui ont différents niveaux d’habiletés et de développement. C’est parfois difficile de mettre sur pied des pratiques intéressantes et bien adaptées à tous. Il m’arrive de mettre en place des stations d’activités et d’habiletés qui leur permettent de faire de l’exercice à leur façon, tout en leur permettant d’interagir avec les autres. J’essaie d’installer les stations à des endroits où il n’y a pas de pression liée à l’espace ou au temps; ils peuvent ainsi s’améliorer à leur propre rythme.

Quelques-unes des personnes que je dirige pendant les pratiques nécessitent plus d’aide que les autres. Ce type de station de pratique me permet aussi de passer du temps seul à seul avec ceux qui ont besoin de plus d’attention.

J’essaie de garder en tête que chaque personne possède des habiletés et aptitudes différentes. Certains sont aussi plus expérimentés que les autres. Il y a parfois une différence entre les aptitudes des personnes de sexes différents, ou entre les participants qui proviennent d’une autre école ou d’un autre programme. Je sais aussi que mes participants peuvent avoir des différences physiques, alors j’essaie de mettre à leur disposition de l’équipement de tailles variées pour que tous soient heureux (p.ex., balles, ballons, anneaux moins élevés, buts plus grands, etc.). J’ajuste également l’espace de jeu en fonction du nombre de participants et de leur niveau d’habileté (p.ex. moitié du terrain ou de la glace au lieu du terrain de jeu au complet).

Je veux que tous se sentent stimulés et impliqués. En tant qu’animateur, je considère important de faire évoluer une activité, ou de la modifier afin que chaque personne y trouve un degré de difficulté approprié (c.-à-d., où il y a plus de défis que de frustrations). C’est important que tous puissent ainsi se sentir inclus.

En mouvement continuel

Alors que j’observais une pratique de basketball de ma fille, j’ai remarqué que les filles passaient beaucoup de temps à attendre. L’entraîneur prenait beaucoup de temps pour parler, et elles devaient attendre en ligne pour lancer le ballon. Les joueuses avaient l’air de s’ennuyer et elles ne faisaient pas beaucoup d’exercice.

Je veux éviter que de telles situations se produisent dans mes activités. Je sais que si mes participants sont en mouvement continuel, non seulement bougeront-ils plus, mais cela les rendra meilleurs, plus rapides, plus forts et plus habiles.¹

C’est ma tante qui dirige l’équipe de ma fille, et elle fait confiance à ce que je lui dis, alors je lui ai suggéré quelques solutions pour que ses pratiques soient plus amusantes et productives pour les participants :

  • Demander à un ami ou à un entraîneur-adjoint de chronométrer la pratique pour comparer le temps d’activité avec le temps d’inactivité.
  • Prévoir quelques activités supplémentaires au cas où une des activités se termine plus tôt que prévu.
  • Faire plusieurs courtes lignes d’activités, plutôt qu’une seule, pour qu’il y ait plus de temps « sur la tâche». Il s’agit parfois d’attribuer les mêmes exercices à des lignes différentes, mais c’est quand même mieux parce qu’ils sont plus nombreux à bouger et moins à attendre debout sur le côté. Des fois, je propose aussi une activité aux personnes qui attendent pour qu’ils puissent bouger entre deux présences. Des exercices d’équilibre ou une activité avec un partenaire sont de bonnes options en attendant de retourner sur le jeu.
  • Créer des ateliers. Les ateliers sont utiles pour pratiquer différentes habiletés et faire en sorte que tous soient inclus.
  • Faire de brèves explications et ajustez-les en fonction du niveau des participants. Si vous expliquez une activité pendant trop longtemps, c’est probablement qu’elle est trop avancée pour le groupe.
  • Essayer des suggestions d’activités de RécréAgir où les directives sont expliquées à mesure que le niveau du groupe évolue. (Voir l'annexe en consultant Communautés autochtones : Vie active).

Progression et stimulation

Les enfants ne grandissent et ne se développent pas au même rythme (physiquement, émotionnellement et intellectuellement), et il peut s’avérer difficile de mettre sur pied des programmes qui sont intéressants et stimulants pour chacun d’entre eux. Pour vous assurer que chaque participant reste impliqué, tâchez de mieux les connaître.Vous saurez ainsi quand il est le temps d’augmenter ou de diminuer le niveau de difficulté, et vous pourrez leur proposer des objectifs individuels. Lorsque je prépare mes programmes, j’ai recours au concept de zone optimale de défi.² Si un enfant s’ennuie, je lui propose différentes façons de rendre l’activité plus intéressante. Si je trouve qu’un enfant abandonne rapidement, je peux ajuster l’activité pour qu’il se sente plus à l’aise et ait de meilleurs résultats. Si les enfants sourient, rient, transpirent et s’amusent, alors je sais que l’activité est réussie. Lorsque les enfants atteignent leurs objectifs, ils sont portés à continuer l’activité.

>> Lire les histoires précédentes

>> Lire Communautés autochtones : Vie active


¹ McHugh, T.L.F. (2011). Physical activity experiences of Aboriginal youth. Native Studies Review, 20(1), 20.

² Csikszentmihalyi, M. (1990). Flow: The Psychology of Optimal Experience. New York, NY: Harper and Row.

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