Le tremplin de la participation sportive

Ce contenu a été initialement publié dans Communautés autochtones : Vie active. Cet outil vise à aider les enfants et les jeunes autochtones de notre pays à vivre une vie longue, bien remplie, heureuse et en santé. Il est inspiré par les appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation, et sert d’outil de compréhension en qui a trait aux droits fondamentaux des Autochtones — le droit à la santé, à l’éducation, à la culture, et le droit de jouer. 

Écrit à la première personne, le lecteur suit les histoires de Taylor, un leader sportif autochtone fictif. Tous les personnages sont, mais représentent les témoignages que nous avons recueillis à travers le pays pour le développement de cet outil.

Je m'appelle Taylor

J’enseigne à l’école du quartier et je suis aussi entraîneur et organisateur de soirées d’activités sportives libres au centre communautaire. L’autre jour, avec mes amis, nous discutions de nos meilleurs moments passés à faire du sport ou de l’activité physique. Pour certains, leur plus beau souvenir était un entraîneur qui a pris le temps de mieux les connaître, tandis que pour d’autres, ce sont les amis qu’ils ont rencontrés, les nouvelles expériences, la possibilité de s’amuser, les leçons apprises, les récompenses ou trophées obtenus suite au travail ardu, ou simplement une fin de semaine de tournoi qu’ils n’oublieront jamais.

Je me considère chanceux d’avoir eu des parents, aînés, entraîneurs et professeurs attentionnés qui m’ont permis de développer tôt une passion pour le sport et l’activité physique. Grâce au sport et à l’activité physique, je me suis rendu compte qu’il ne s’agissait pas simplement de travailler fort, de développer des habiletés et de tenter de remporter des trophées. Pour moi, le sport et l’activité physique m’ont permis de devenir plus confiant, de me faire de vrais amis, de m’inspirer de modèles, et aussi de découvrir les habiletés pratiques de la vie.

Quand j’ai arrêté le sport pour oeuvrer à l’école, j’ai commencé à visualiser la vie comme un événement sportif. Que ce soit en expliquant une habileté en tant qu’entraîneur, en jouant avec les enfants ou en m’aventurant en plein-air, être actif me permet de participer pleinement à la vie. En utilisant mon expérience et cette vision, j’essaie de planifier et de mettre sur pied les meilleurs programmes sportifs et opportunités pour ma communauté.

Quand ils sont valorisés, planifiés et réalisés de façon réfléchie par des adultes attentionnés et bien formés, le sport et l’activité physique ont un impact positif à plusieurs égards. Je me réjouis d’apprendre que les communautés autochtones à travers le pays rassemblent les gens pour qu’ils discutent ensemble des façons d’inviter les membres de la communauté à être « Actif pour la vie ». Je suis honoré d’avoir été choisi afin de partager mes connaissances pour aider les autres dans ce processus.

Même si je ne suis pas un expert du sport ou de l’activité physique, j’ai appris en tant qu’entraîneur bénévole, parent et superviseur, que la chose la plus importante est de créer un environnement positif pour les participants.

Prenons par exemple mon frère Howard, un entraîneur de hockey certifié qui s’y connaît bien. Il a toujours exigé la perfection de la part de ses joueurs. Il sait qu’il est dur avec eux, mais il a le sentiment que c’est ce qu’il leur faut. C’est d’ailleurs de cette façon que ses entraîneurs l’ont formé. Il y a quelques semaines, sa participation lors d’une conférence sportive à un atelier portant sur la création d’un environnement d’entraînement positif lui a ouvert l’esprit. Depuis, il a réfléchi à sa façon d’enseigner et il a décidé d’ajuster son approche, parce qu’il avait remarqué que quelques-uns de ses joueurs sautaient des entraînements. Maintenant, il essaie de se concentrer sur ce que les enfants font « de la bonne façon » et il s’assure de leur dire lorsqu’ils travaillent bien. Avoir recours à une stratégie d’entraînement positive aide les joueurs à se sentir plus confiants, libres et impliqués.¹ Même s’il vient tout juste d’apporter des changements, il a déjà remarqué que les jeunes sourient davantage, qu’ils manquent moins de pratiques, et qu’ils fournissent plus d’efforts lors des matchs et des pratiques. Howard est content de ce changement, et il a hâte de voir évoluer son équipe à partir de maintenant.

En observant ce qu’il a accompli avec son équipe, j’ai décidé de demander aux jeunes de mon programme leur avis sur ce qui caractérise un bon entraîneur ou un bon leader.

Voici ce qu’ils ont répondu :

  • Il traite ses joueurs avec respect
  • Il encourage l’équipe
  • Il agit de façon exemplaire
  • Il donne des indications claires et cohérentes
  • Il connaît beaucoup de choses sur le sport
  • Il comprend les erreurs et qui demeure positif
  • Il est à l’écoute et tient compte de l’opinion des joueurs
  • On peut lui parler facilement
  • Il est gentil et sympathique
  • Il félicite ses joueurs
  • Il participe aux entraînements avec ses joueurs
  • Il peut détendre l’atmosphère en plaisantant

Leurs commentaires m’ont fait penser aux éléments essentiels d’une expérience réussie du sport et de l’activité physique. J’ai pensé à d’autres entraîneurs et leaders que je connais et j’ai recueilli quelques témoignages.

>> Lire les histoires (à venir)

>> Lire Communautés autochtones : Vie active


  1. Light, R.L. & Harvey, S. (2015). Positive pedagogy for sport coaching. Sport, Education and Society, 22(2): 271-287.

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